mardi 31 décembre 2013

À l' an que ven....!


" Seuls sur terre ne s' ennuient jamais 
                       les gens qui regardent en l' air ,


" les amis des tours et des oiseaux , des cimes des toits et des nuages ;
les amis des flèches et des fumées ,
des cheminées , des coqs , des croix et des girouettes .
Ils trébuchent en marchant , et cependant
ce sont de vrais voyageurs .
Le vent emplit leurs mains de hannetons et de feuilles .
L' espace décolore leurs yeux .
Ils n' ont pas d' âge ..."


                                     Germaine Beaumont
                                                                   - Si je devais -


***

C' est en trébuchant que l' on apprend à marcher...
C' est en cheminant que filent les années...
Chacune a sa saveur,  aucune n' est sans labeur...!!
À vous tous
 qui passez sur mes chemins , comme à moi , je souhaite de jolis voyages ...
Que cette nouvelle année soit simplement celle de nos rêves...:-))
Et comme le disait mon père dans son  patois de  Lozère 
" À l' an que ven ! 
Se sian pas maï , que sigen pas men "..!
À l' an qui vient !
Si nous ne sommes pas plus , que nous ne soyons pas moins...


                                                 Mathilde


mardi 24 décembre 2013

Une veillée de Noël particulière...

avec un couple un peu spécial...!


Nous sommes en Allemagne ,
en 1940
au stalag XII de Trèves .
Paul Feller  , jésuite ,
prisonnier  de ce camp ,
 se lie d' amitié avec
Jean-Paul Sartre .
 Il lui demande d' écrire
une pièce sur la Nativité
qui serait jouée
avec tous
le soir de Noël



Sartre , l' athée , accepte ...!

Voici ce qu' il a écrit :

" Vous avez le droit d' exiger qu' on vous montre la Crèche . La voici .
Voici la Vierge , voici Joseph , et voici l' enfant Jésus .
L' artiste a mis tout son amour dans ce dessin , 
vous le trouverez peut-être naïf , mais écoutez .
Vous n' avez qu' à fermer les yeux pour m' entendre
et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi .

La Vierge est pâle et elle regarde l' enfant .
Ce qu' il faudrait peindre sur son visage , c' est un émerveillement anxieux 
qui n' apparut qu' une seule fois sur une figure humaine ,
car le christ est son enfant , 
la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles .
Elle l' a porté neuf mois .
Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu .
Elle le serre dans ses bras et elle dit : " mon petit " !



Mais à d' autres moments , elle demeure interdite et elle pense :
" Dieu est là "
et elle se sent prise d' une crainte religieuse
pour ce Dieu muet , pour cet enfant
parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment ,
par ce fragment de leur chair qu' est leur enfant ,
et elles se sentent en exil 
devant cette vie neuve qu' on a faite avec leur vie
et qu' habitent les pensées étrangères .

Mais aucun 
n' a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère ,
car il est Dieu et dépasse de tous côtés ce qu' elle peut imaginer 
Et c' est une rude épreuve pour une mère d' avoir crainte de soi
et de sa condition humaine devant son fils .
Mais je pense qu' il y a d' autres moments rapides et glissants 
où elle sent à la fois 
que le Christ est son fils , son petit à elle et qu' il est Dieu .
Elle le regarde et elle pense :
" Ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair ,
il est fait de moi , il a mes yeux et cette forme de bouche ,
c' est la forme de la mienne .
Il me ressemble , il est Dieu et il me ressemble...!!



Et aucune femme n' a eu de la sorte son Dieu pour elle seule .
Un Dieu tout petit
qu' on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers ,
un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire ,
un Dieu qu' on peut toucher et qui vit ,
et c' est dans ces moments là que je peindrais Marie si j' étais peintre
 et j' essayerais de rendre l' air de hardiesse tendre
et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce
petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur ses genoux
le poids tiède et qui sourit...


Et Joseph ? Je ne le peindrais pas .
Je ne montrerais qu' une ombre au fond de la grange
car je ne sais que dire de Joseph . Et Joseph ne sais que dire de lui-même
Il adore et il est heureux d' adorer . Il se sent un peu en exil .
Je crois qu' il souffre sans se l' avouer . Il souffre
parce qu'il voit combien la femme qu' il aime ressemble à Dieu .
Car Dieu est venu dans l' intimité de cette famille .
Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté ,
et toute la vie de Joseph , j' imagine , sera d' apprendre à accepter .
Joseph ne sait que dire de lui-même :
Il adore et il est heureux d' adorer..."

                                                        Jean Paul Sartre
                                      - Bariona ou le Fils du tonnerre -


Dans la Paix de cette nuit des prisonniers pleuraient...






Ce soir de Noël 1940
Paul Feller
a joué le rôle de Bariona
le chef des juifs dressés
contre les romains .
Sartre , lui ,
a joué le personnage
du roi mage noir
Baltazar ...!!








À vous tous qui êtes là ce soir ,
que vous soyez croyants ou incroyants je souhaite un

" JOYEUX NOËL..."

C' est si beau de croire à l' Amour...:-))

mercredi 18 décembre 2013

En " Avent " 3° bougie....moteur


sur les chemin de Noël...









La troisième bougie
de cette semaine a éclairé
des moments
bien différents ...







Moment magique que celui de la ville si bien parée pour fêter la lumière...


Le Beffroi de Dreux , dans sa robe de circonstance ,
comme à son habitude veillait
Avec nous , il  attendait la nuit ...


Edmond Rostand a bien raison ,
" C' est la nuit qu' il est beau de croire à la lumière "



Loin du bruit des supermarchés ,
des flonflons et des bonbons ,
je découvris aussi
 le fruit du silence
d' un mercredi sage ...
avec des riens ,
de la colle
 et beaucoup d' attention
une petite fille
 s' avançait  à sa façon
sur le chemin de Noël...:-)




À Chartres ,
 les bergers veillent sur leur troupeau...
Ils ne connaissent pas encore celui qui vient ...


Échappée d' une  boite à souvenirs ,
cette photo d' un autre temps s' est glissée entre mes doigts...

Il y a longtemps , celui qui vient
s' avançait sur un chemin rocailleux comme celui-ci...
Marie et Joseph devaient certainement leur ressembler ...!!?


***


P.S : La dernière photo a été prise avec un appareil photo à soufflet Kodak , par un jeune soldat avide de découvrir l' âme d' un  pays merveilleux ;  il était " appelé " en terre d' Algérie...
Merci Balbuzard...tu as toujours l' oeil...:-)

À  tous je souhaite une semaine lumineuse 
Sur ce , m' en vais faire mes " bredeles "
suis pas en avance...!!



mardi 10 décembre 2013

Histoire de givre...


Dans la lumière d 'un matin neuf...











Quand le givre fait fleurir l' invisible...:-)

***








Sont-ce mes yeux
qui me jouent des tours...?
Sur le chemin du retour
voilà ce que j' ai vu
et aussi ce que j' ai entendu :




" Givre à Noël , cent écus dans votre escarcelle "

et si on croyait au père Noël... ? :-))


vendredi 6 décembre 2013

Hommage à Mandela..



" Un grand musicien est quelqu' un
qui donne après plusieurs années de travail
 ce que donne le rossignol au premier jet de son chant..."

Christian Bobin

Sa vie était cette musique...la musique de son âme...


jeudi 28 novembre 2013

Par la fenêtre...


Entre amis , mais aussi
 entre la poire et le fromage souvent , les conversations s' animent ,
et appellent une conclusion sympa...:-)
C' est alors que l' on entend :
wouais...mais toi " tu vois ça de ta fenêtre  "...!!
Bien vu , bien dit...!!
En découvrant celles qui suivent ,
voilà ce que moi j' ai vu...


Par le " fenestrou "
le printemps neuf a appris
le " A " de l' automne...



Au château  de Carrouges
L' invité du jour
par joli châtelet
 toujours devra passer...!!


À l' église de Moutiers au Perche

Derrière les barreaux ,
l' espoir file 
tout le jour tourne en rond...


Notre Dame de Chartres

Comme bulles sont les vieilles âmes
sans faillir ,
toujours la Dame veille...


Les idées noires
chat perché
trompe l' ennui...!


Vieille  demeure  de  Salers

Lumières du temps d' avant 
ou celles de l' Avent ,
 vent de Noël....! :-))


***


" Ce n' est pas le paysage qui est petit , 
c' est la fenêtre par lequel on le regarde..."

Proverbe tibétain







Mes fenêtres à moi ,
qu' elles soient
" in or out "
m' ont dit de ramasser
mes derniers hortensias...
Il est temps
de les faire sécher
pour décorer Noël...!







Et toi , me diras-tu ce que tu vois de ta fenêtre..?

mercredi 20 novembre 2013

Sujet du bac...!


Commenter ce poème de Baudelaire " Élévation "...:-((

" Au-dessus des étangs , au-dessus des vallées ,
Des montagnes , des bois , des nages , des mers ,
Par delà le soleil , par delà les éthers ,
Par delà les confins des sphères étoilées ,

" Mon esprit , tu te meus avec agilité ,
Et , comme un bon nageur qui se pâme dans l' onde ,
Tu sillonnes gaiement l' immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté .


" Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l' air supérieur ,
Et bois , comme une pure et divine liqueur ,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides .

" Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l' existence brumeuse ,
Heureux celui qui peut d' une aile vigoureuse
S' élancer vers les champs lumineux et sereins ;



" Celui dont les pensers , comme des alouettes ,
Vers les cieux le matin prennent libre essor ,
Qui plane sur la vie , et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes...!  "



J' ai pas rendu une copie blanche..hein ..!!
J' aurais eu combien...? :-)




C' est de " Bizou "
petit village de mon tableau de végétaux
que je vous envoie les miens ...
Cette semaine
" Les carnets de Mathilde "
 ont 6 ans.....déjà....!!

À cette occasion je veux simplement dire à chacun de vous , amis devenus proches ou inconnus lointains
combien je suis touchée par la fréquence de vos visites et par votre fidélité...:-))

À tous  un grand " Merci "

Mathilde

jeudi 14 novembre 2013

Retour de pêche...!





Sur le sentier des douaniers ,
une furieuse envie de dire bonjour à la mer animait chien et maîtres...







Ça sentait bon le matin calme ...
au pied de la falaise ,  un bruit de moteur nous fit presser le pas...


Un pécheur  venait de  relever ses casiers .
Aujourd' hui à la retraite , il nous a raconté  ...


 son plaisir des retours d' autrefois ...


quand les cales des grands étaient pleines...







...celui des  anciens 
 aidant au débarquement 
juste pour 
 rencontrer,  bavarder...
heureux de ne pas être largués..!!





Il n' a pas oublié , ni les préparatifs ,


ni la frénésie des départs dans le soleil couchant ...
quand un banc de sardines était repéré.


Ce matin , c' est pour lui qu' il pêche .
Rien dans les casiers , mais grâce au leurre 
qu'il sait faire danser au bout de sa ligne
il n'est pas revenu bredouille...


Après avoir donné leur pitance aux mouettes rieuses insatiables ,
il remonta son bâteau...





" j' te dis que ma dorade est plus grosse
 que la tienne "
dit-il à ses copains 
qui voulaient voir..!




Ça sentait si bon  le vrai poisson...:-)


...Tout en rejetant dédaigneusement quelques étoiles de mer 
qui n' intéressaient personne , sauf moi ,
il nous proposa de nous emmener avec lui, 
la prochaine fois...!!

Son bonheur simple avait fait le notre ,
celui d' un matin ordinaire 
dans la petite crique de Porslous..:-))


dimanche 10 novembre 2013

Les enfants et la guerre...


Il a sept ans...


" C' est un petit garçon...C' est un petit bonhomme
Heureux de rien...de tout... d' un bâton , d' une pomme...
Un petit garçon de sept ans...
Il a des yeux rieurs , des cheveux en crinière ;
Il est fier , car depuis la semaine dernière
Il sait siffler entre les dents !

Nous le connaissons bien ; il méprise " les filles "
Sa poche n' en peut plus de ficelle et de billes ;
De tout bagage enfantin ,
Il montre autre sous , qu' il croit être une somme ;
Rit du matin au soir , et ne fait qu' un grand somme
Depuis le soir jusque' au matin . "


" Des amusements neufs , on n' en invente guère !
Étant petit garçon , il s' amuse à la guerre
Comme tous les petits garçons !
Il s' amuse d' instinct à défendre sa terre ,
Et partage déjà la haine héréditaire
Pour ceux-là que nous maudissons .

Or voici qu' un matin , à travers le village ,
Passent les ennemis avec tout l' étalage
De leurs procédés révoltants .
On se bât ? C' est l' assaut du droit contre la ruse .
Bah ! Est-ce une raison pour ne plus que s' amuse 
Un petit garçon de sept ans ? "


" Et parce qu' il faut bien , à sept ans , que l' on joue ,
Du côté des soldats , le petit met en joue ,
Son fusil de bois menaçant...
Un français eut sourit du geste minuscule ,
Et peut-être eut feint l' ennemi qui recule
Pour amuser cet innocent !

Vous , salissant d' un coup toute votre campagne ,
Mais vous n' avez donc pas d' enfants , en Allemagne ?
Pour montrer que vous étiez forts ,
Vous avez dirigé contre l' arme enfantine ,
Qu' il allait déposer pour prendre sa tartine ,
Les vrais fusils qui font des morts !


" S' il est vrai , Majesté , ce crime qu' on raconte ,
Comme il pèsera lourd le matin du grand compte ,
Pour le débiteur aux abois !
Comme il pèsera lourd , lorsque , dans le silence ,
Une main posera l' enfant sur la balance !
Et son petit fusil de bois !

Miguel Zamacoïs

***

Dans la vieille boutique de  " marchand de couleurs " de mon beau-père  j' ai trouvé ces cartes postales de  Francisque Poulbot ...:-)
Ses parents sont instituteurs, il est l' ainé de sept enfants et est très doué pour le dessin...
Il s' installe à Montmartre avant de partir sur le front en 1914 .
La guerre vue par les enfants fut un de ses thèmes favoris  ...
C' est lui qui donna naissance à ces gamins de Paris mondialement connus...:-))


mardi 5 novembre 2013

Sur les pavés de Locronan...Finistère


 À l' intérieur des terres ,
sous un léger voile de ciel gris ,
 se love une  belle cité de grand caractère ,
" Lok-Ronan "
Elle fut fondée par un ermite irlandais
Saint Renan
venu trouver en ce lieu
la paix et le recueillement propice à la méditation .


Arrivant par la rue des charrettes  ,
 la place de l' église s' offre à nos yeux ébahis .
Les vieilles maisons renaissance qui l' entourent
sont vêtues de granit à gros grain brodé de lichen gris et jaune clair ...


L' église St Renan du XV° siècle et la chapelle du Pénity du XVI° siècle
y forment un décor magistral ;
Les deux édifices accolés communiquent .


 St Ronan en sa chapelle nous accueille...
Sa légende est riche en couleurs .
Recherchant la solitude ,
c' est dans la forêt sacrée qu' il crée son ermitage
mais là , il se trouve en proie à la haine et à la hargne d' une femme,
" la Keben".
Pas facile , de changer des rites religieux anciens
en croyances chrétiennes...


En 1707 , Louis Bariou menuisier à Quimper réalise la chaire à prêcher
Les médaillons qui ornent son escalier
retracent les événements de la vie de l' ermite .



La légende raconte que tous les six jours ,
Ronan partait à jeun et pieds nus ,
faire le tour de ces lieux sacrés ...12 km...
s' arrêtant douze fois aux pieds de mégalithes aujourd' hui disparus .
C' est ainsi qu' est née la grande " Troménie " ou Grand Pardon ,
qui empreinte toujours le même chemin...:-)







La foi et son rayonnement
attirèrent de riches marchands de toile à voile .
Lin et chanvre ici étaient tissés pour la marine royale .




De grands capitaines enrichis construisirent de superbes demeures
simplement pour leur retraite...!


Avec ou sans " rouge à joues " ,


elles affichent belles mines ces vieilles demeures bretonnes .
Elles sont la représentation saisissante de l' ancienne Bretagne
dégagée de la misère si souvent présente..!


Le jour de la grande " Troménie " 
les ruelles sont pleines de fidèles , 
chacun marchant derrière la bannière de sa paroisse...


C' est en juillet , une fois tous les six ans qu' a lieu cet événement.
Locronan s' orne alors de coiffes et de costumes de toute beauté.
C' est un spectacle hors du commun..!


En repartant , le drapeau breton  qui flotte toujours en bonne place 
m' a soufflé ceci :

Un jour , un homme de passage demandait à un quimpérois de souche :
" Mais pourquoi diable mettez-vous des drapeaux bretons partout ..?
Parce que  répondit l' autre , c' est la seule façon pour nous
de faire savoir que nous sommes français...! ...:-)))



 Vive la Bretagne