mardi 3 novembre 2015

À la Dômerie d' Aubrac

Il était une fois...
" Sur une rude et haute montagne du Rouergue , 
couverte de neige et de brouillards pendant huit mois de l' année , 
 un monastère , bâti vers l' an 1120 par Adalard vicomte de Flandres ...


" Ce seigneur , revenant d' un pèlerinage , 
fut attaqué  en ces lieux par des voleurs ;
il fit voeu , s' il se sauvait de leurs mains , 
de fonder dans ce désert un hôpital 
pour les voyageurs et de chasser les brigands de la montagne .


" Étant échappé au péril , il fut fidèle à ses engagements
et l' hôpital d' Aubrac s' éleva
" in loco horrors et vast solitudinis " ...


" Adalard y établit des prêtres pour le service de l' église,
des chevaliers hospitaliers pour escorter les voyageurs et les dames de qualité 
pour laver les pieds  des pèlerins , faire leurs lits 
et prendre soin de leurs vêtements ... "

                                                           Châteaubriand - le génie du Christianisme -

Ces lieux étaient étaient tenus par une communauté 
dont la règle était proche des ordres monastiques
ayant à sa tête " un Dom "...

L' église s' élevait au sein d' un ensemble :
un cloître , une infirmerie , un four à pain , une auberge et un hôpital
pour les indigents ou les pèlerins qui se rendaient à Compostelle ...


Ils étaient plus d' un millier à passer ici chaque jour
cherchant refuge et nourriture 
dans ces lieux austères de vaste solitude .


Dans le clocher du XV° siècle ,
la cloche des perdus leur avait indiqué le chemin
alors qu' ils étaient égarés dans le brouillard ...

Aux pèlerins demandant à manger 
on servait des bouts de pain trempés dans un brouet de fromage ..
La pomme de terre inconnue remplacera plus tard les bouts de pain  .
C' est ainsi qu' est né " l' aligot "
C' était sans contrepartie aucune que les soeurs et les prêtres 
hébergeaient  les marcheurs de Dieu
et que les chevaliers les escortaient sur les chemins de L' Aubrac .
Pour Châteaubriant  l' Aubrac méritait d' être dénommé :
" Le grand St Bernard de la France "


Après la guerre de cent ans , en 1353 cet ensemble  fut fortifié et surveillé
par la construction d' une tour dite des anglais .
Tel " un phare de lave noire "
elle domine le village d' Aubrac du haut de ses trente mètres


Il fallait résister aux bandes de pillards 
qui sillonnaient les parages en ces temps troublés .
Aujourd' hui elle accueille des randonneurs fatigués.


Tout ce vaste ensemble ou ce qu' il en restait fut revendu
comme bien national à la révolution .


Quant à l' église Notre-Dame des Pauvres ,
d' architecture cistercienne 
elle a été remise en état dans les années 1850
 les ruines d' antan furent remaniées...sauvant ce qui pouvait l' être...


De grandes réparations furent encore engagées de 1942 à 1980 
C' est en 1925 qu' elle fut classée monument historique ...


Au pied de cet ensemble témoin d' un passé peu ordinaire
s' étalait le jardin des simples ...
Et je pensais alors aux documents transmis par ma mère
fruits d' un travail de recherches sérieuses ...
J' étais heureuse de cette visite ...
Heureuse d' avoir mis mes pas dans ceux de mon illustre ancêtre
Pierre Dallo


Il fut élu Dom d' Aubrac en 1353
Un poste très important à cette époque ,
le monastère d' Aubrac étant à l' origine de grands travaux de défrichages des forêts
et de la mise en valeur des pâtures 


Ce nom Dallo au fil des siècles est devenu Dalle ...
C 'est le nom d' une très ancienne famille du Gévaudan,
principalement implantée dans les monts d' Aubrac ...
Pas de doute ,
je fais bien partie d' une branche de ce bel arbre ... :-)

                                                                         Allez , à tous poutoux del païs


***

Les deux gravures ont été trouvées sur Wikipédia et la cloche dans une revue ...
Pour ma famille et ceux qui seraient intéressés par plus de détails , en feuilletant le livre de Bousquet
" L'ancien hôpital d' Aubrac " vous pourrez continuer le voyage ...:-)


16 commentaires:

  1. Une terre d'Histoire que tu me donnes vraiment envie de visiter !!!
    Belle journée à toi ! Bises

    RépondreSupprimer
  2. coucou Matilde
    Une belle histoire superbement illustrée et très facile à suivre !
    C'est très intéressant de connaître ses racines et d'avoir de prestigieux ancêtres.
    gros bisous et bonne journée
    MITOU

    RépondreSupprimer
  3. Que tout est beau, chère Mathilde, tes photos et les mots. J'apprécie beaucoup l'histoire de ce monastère. Un grand merci pour ce merveilleux billet.
    Douce fin de journée avec mes amitiés.
    Bisous

    RépondreSupprimer
  4. J'aime beaucoup cette idée de la cloche des perdus (qui s'appelle Maria d'après Wikipédia), il devrait y en avoir partout...

    Comme toi, dès que je peux mettre mes pas dans ceux de mes ancêtres (pas illustres du tout-du tout), j'en éprouve une émotion indicible. Si je pouvais bouger, c'est dans le Perche que j'irais traîner mes sabots, le quart des mes aïeux s'y trouvent.

    Sur un forum généalogique dont je fais partie, je demandais l'autre jour ce qu'un nobliau avec des tas de particules (écuyer et Sieur de la...) venait faire comme témoin au mariage d'un mien aïeul roturier mais néanmoins maréchal.

    Ce à quoi une première personne m'a répondu :

    "Le maréchal, à cette époque a joué un rôle essentiel, primordial au sein de l'antique civilisation paysanne, et sans lui, l'agriculteur n'aurait pu accomplir sa tâche.
    Il doit maîtriser les éléments : feu, air, eau, pour transformer la matière : le fer. À cause de cela, on le respecte et on le craint aussi.
    Le ferrage des chevaux de trait et de labour, a lieu généralement tous les deux mois, les jours de pluie. Les autres chevaux ne travaillant qu'occasionnellement, ne sont ferrés que deux ou trois fois l'an.
    Depuis le XVIIème siècle, par autorisation royale, le maréchal ferrant pouvait soigner les chevaux ; il pratiquait saignées, sections cautérisations, nivellement des aspérités des dents à la râpe, extraction des dents (bouche maintenue ouverte à l'aide du "pas d'âne" ou abaisse langue. Il pratiquait couramment l'amputation de la queue par souci d'esthétique et de sécurité, à l'aide du coupe-queue."

    Ensuite tous les autres ont embrayé sur le Sieur au nom long d'une toise.

    J'adorerais que tu nous montres des documents transmis par ta mère, ça doit être aussi très émouvant (et passionnant).

    Et bien sûr (mais est-il utile de le répéter) des images encore magnifiques.

    Bisous doux

    RépondreSupprimer
  5. Que de belles photos et commentaires! Grace a vous nous pouvons admirer ces merveilles. Merci pour le partage.

    RépondreSupprimer
  6. Merci Mathilde de savoir si bien raconter l'Histoire, ton Histoire... "à la Dômerie d'Aubrac".......et merci de la partager avec nous.. tes photos sont splendides, ainsi que les textes qui les accompagnent..
    Bonne soirée à toi.
    Amitié renouvelée.
    Den

    RépondreSupprimer
  7. Merci Mathilde pour ce beau partage , chouettes photos et bravo les commentaires .
    Bisous ...
    Thérèse

    RépondreSupprimer
  8. J'y suis passée il y a quelques années, c'est une région qui se mérite, mais quelle beauté ! J'avais mangé un bon pounti juste à côté et une dame à la table voisine nous avait expliqué comment le faisait sa maman cinquante ans plus tôt :-))

    RépondreSupprimer
  9. Merci pour cette visite guidée. L'Aubrac est un coin de France que j'aimerais découvrir...

    RépondreSupprimer
  10. Je ne vais pas me contenter de te suivre, mais je vais y revenir, car par tes yeux, je découvre ce que je n'ai pas vu et que j'aimerai revoir.
    Tu nous enchantes chaque fois, tu serais une belle conteuse, près du cantou, en grignotant les châtaignes.

    RépondreSupprimer
  11. Encore et encore de magnifiques images ! Je trouve émouvant de se retrouver dans un lieu où a vécu et œuvré un ancêtre, ce n'est pas un hasard il me semble, il y a matière à méditer dans ces instants... Bises et doux week end Mathilde. brigitte

    RépondreSupprimer
  12. La simplicité et les pierres apparentes de N-D des pauvres m'enchantent. Et quel bel ensemble de statues mis dans la lumière !

    RépondreSupprimer
  13. Encore une magnifique balade, un lieu loin dumonde...
    Bisous du mardi et à bientôt.
    Maman mule

    RépondreSupprimer
  14. Bonjour Mathilde,
    Tes articles sont toujours enrichissants. C'est un bonheur de lire, d'apprendre et tout ceci accompagné de photographies.

    Merci et bisous

    RépondreSupprimer
  15. de bien belles cartes anciennes....
    des chevaliers hospitaliers pour escorter les voyageurs et les "dames de qualité" ....
    et les autres ?
    Belles photos merci à toi...tout comme pour l'histoire

    RépondreSupprimer
  16. Comme Lou je dirais que "Tu nous enchantes chaque fois, tu serais une belle conteuse, près du cantou, en grignotant les châtaignes."
    J'aime beaucoup l’appellation de "cloche des perdus" ! Il ne faisait pas bon de s'égarer en ces temps là.
    Coup de coeur pour l'ensemble de ton reportage !
    Schmoutzele tout plein pour vous deux !

    RépondreSupprimer