mardi 1 juin 2010

La dentelle aux fuseaux...


          Au Moyen-âge , la peste noire fut un horrible fléau...la mort était partout...l' eau apparait alors  comme un facteur de propagation de l' épidémie pour la toilette , elle ne sert plus qu' a se laver les mains et le visage...
         On accorde alors beaucoup d' importance au linge fin qui nettoie et éponge la transpiration et les impuretés aussi bien que l' eau et de façon moins risquée...Les quantités de linge vont croître car il faut en changer souvent..!
                
               
Au XVI° siècle ,le linge apparaît en débordement du vêtement...
Il faut montrer son linge du dessous , car sa blancheur affiche la propreté du corps...
Il est de bon goût d' avoir le linge le plus beau et le plus fin possible...


C' est ainsi qu' est né le langage de la dentelle,
celle du Puy m'a enchantée..


L' objet indispensable pour faire ses longueurs de dentelle est
" le carreau ".
Il est composé d' un support qui reçoit le rouleau sur lequel on met le dessin..on y pique les aiguilles qui guident le travail des croisements de fils effectués avec les fuseaux embobinés de coton ou de lin .
 
Dans tous les villages , les femmes travaillent à domicile pour le compte de marchands établis dans les villes voisines. Des " leveuses " apportaient fils et coton aux ouvrières avec les dessins...

 
" Ma maman faisait pour trois leveuses..
 celles-ci ramassaient les dentelles tous les quinze jours et qui les portaient à Retournac. "   
                              Mlle S. dentellière à Mézères


                                                          
" La dentelle c' était pas payé va ! Pour moi , ça arrivait juste à payer le pain de la maison "
Mme C. née en 1923 dentellière à Tirange..



  C' était un travail d' appoint pour les paysans pauvres de la région...La transmission se faisait de mère en fille...



" Y avait ma tante et ma grand-mère qui travaillaient ensemble et elles disaient leur chapelet.."
             Mme G. née en 1908 dentellière à Tirange

 

  "... en gardant les bêtes, on partait avec le pliant , le carreau sous le bras ou le crochet ...
ça dépendait ce qu' on avait commencé..." 
                              Mme V. née en 1916 dentellière à Rosières



En repartant j' admirais la dextérité et l' inventivité d'une dentellière d' aujourd'hui ...



... ici , une pièce unique réalisée en fil de fer...!!

***

  Je suis repartie avec des abeilles plein les yeux...
J' y serais restée des heures mais la fermeture était proche... je ne vous ai pas tout montré , pour ne pas vous lasser...:-)
Nous y reviendrons...promis..!!
 Merci à vous tous pour vos nombreuses visites...
elles me font tant plaisir...:-))

Passez une jolie semaine...

21 commentaires:

  1. Mystère de la Beauté, Beauté du Mystère !
    Des doigts de fée pour des morceaux de rêve !
    Un si bel ouvrage mais qui usait les yeux et abimait les mains.
    Je me souviens de dentelles sublimes au Puy, ville magnifique et porteuse d'espoir.
    Bisous du coeur Mathilde.
    Marie-Ange

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  2. Quelle dextérité pour réussir de si beaux ouvrages, qui fort heureusement redeviennent à la mode. Les techniques n'ont pas vraiment évolué, il y a un jeune qui fabrique devant le public, dans une ville proche de chez moi- toutes sortes de créations. Et il y a toujours foule autour de lui. Merci de ce beau billet, et plein de gros bisous Mathilde.

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  3. Mathilde,
    j'attendais la suite et la voilà...
    Quel bel homme à ces artisanes qui ne sont pas sans rappeler une jeune femme de Bruges qui avait appris le métier de sa grand-mère.

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  4. Mathilde,
    j'attendais la suite et la voilà...
    Quel bel hommage à ces artisanes qui ne sont pas sans rappeler une jeune femme de Bruges qui avait appris le métier de sa grand-mère.
    Lali

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  5. C'est vraiment superbe Mathilde (et intéressant!)
    Niort a été aussi une ville dévastée par la peste... il en est resté l'angélique, une belle plante aux propriétés médicinales que l'on utilise aujourd'hui en liqueur, et en confit, pour les pâtisseries..
    Mais... qu'elle est belle cette dentelle :-))

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  6. Belle histoire et si joliment raconté que j’aurais voulu encore un peu.
    J’attends donc la suite avec l’impatience d’un gamin.

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  7. Quel savoir faire chez les dentellières et les fuseaux donnent des photos splendides. On savait créer de la beauté à ces époques lointaines.

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  8. Bonsoir ma très chère Mathilde
    Ces dentelières ont de doigts de fée , leur outil est impressionnant !!!
    Fabuleus reportage !
    Youpi ! depuis le passage de l'expert France Télécom hier , je n'ai plus de panne
    Je te souhaite un bonne soirée
    Gros bisous Méline

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  9. Ton billet est magnifique,que des merveilles....
    Bisous du soir et à bientôt
    Maman Mule

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  10. Oh! Mathilde... Que c'est beau !!!... Ces dentelles élaborées avec patience et minutie sont tellement émouvantes... Absolument incomparables avec celles, mécaniques et synthétiques, qui ornent nos dessous d'aujourd'hui ! Nostalgie ...
    Merci pour ce beau billet !
    A bientôt...
    Bises,
    NiNa-Lou

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  11. Quel magnifique ouvrage de patience que celui des dentellières. Difficile de croire que ces mêmes mains habituées aux rudes travaux de la ferme aient créé de si délicates dentelles. Quant au propos, il est des plus intéressants. Je me paierais des cours d'histoire comme ça tous les jours.
    Bonne journée Mathilde,
    Corrine xxx

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  12. super joli tout cela...la classe ! à chacun son métier sa passion !!!! très bonne soirée

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  13. Oh OUI ! Je reviendrai ! Ce reportage est magnifique !
    Quand on pense que ces dentellières qui témoignent sont nées au début du siècle...dernier, et ont connu l'arrivée de la lumière, EVENEMENT pour leurs pauvres yeux !
    MERVEILLEUX !
    MERCI de ta visite charmante comme toujours !
    Kti

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  14. Quelles merveilles ! De magnifiques restes d'une période tragique... L'Histoire a parfois d'étrange revers !

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  15. j'ai eu 2 napperons du Puy en cadeau;c'est vrai qu'ils sont très beaux,
    quel art !

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  16. Quel merveilleux travail, et cette idée de la lampe c'est génial, je ne connaissais pas, Mathilde, je trouves que tu as fait un superbe reportage de ce magnifique métier.
    Les dentelles redeviennent à la mode et c'est tant mieux, quoi de plus féminin !
    Bises de Marine

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  17. La dentelle aux fuseaux et son épopée... Quelle poésie dans ton récit qui traverse les siècles !

    Dès le Moyen âge et ses "attaques" terrifiantes de Grande Peste où l'"on accorde alors beaucoup d'importance au linge fin qui nettoie et éponge la transpiration et les impuretés aussi bien que l'eau et de façon moins risquée... Les quantités de linge vont croître car il faut en changer souvent... "

    Puis ce XVIème siècle des Belles de la noblesse où "le linge apparaît en débordement du vêtement...
    Il faut montrer son linge du dessous , car sa blancheur affiche la propreté du corps... J'ai lu ou entendu quelque part (en souriant) qu'au siècle de Louis XIV, les courtisans à Versailles dissimulaient leurs odeurs corporelles parfois pestilentielles (faute d'hygiène adéquate : ils se lavaient si peu...) sous des tonnes de parfums... et vidaient leurs déjections pratiquement sous leurs fenêtres...

    Aussi je comprend qu'il ait été "de bon goût d'avoir le linge le plus beau et le plus fin possible..."

    Et comme elle est belle, ta phrase : "C'est ainsi qu'est né le langage de la dentelle, celle du Puy m'a enchantée... "

    Il y a donc les "longueurs de piscine" mais aussi les "longueurs de dentelle"...

    L'expression "rester sur le carreau" n'a sûrement aucun rapport avec ce "carreau", support qui reçoit le rouleau sur lequel on met le dessin... et où l'on "pique les aiguilles qui guident le travail des croisements de fils effectués avec les fuseaux embobinés de coton ou de lin".

    Les paquets de fils et de coton qu'apportaient les "leveuses" étaient bien joliment emballés...

    Les ouvrières dentellières des villages traaillaient donc jusqu'à "point d'heure" (comme disait mon grand-père) et à la lueur des lumignons et lampes à pétrole ?

    Retournac, Mézère, Tirange : que de beaux noms de lieux...
    On comprend toute l'Odyssée de ces ouvrières, archipel d'artistes patientes... "travail d'appoint pour les paysans pauvres de la région"... pratiquant un art presque nourricier, transmis "de mère en fille... "

    " ... en gardant les bêtes, on partait avec le pliant, le carreau sous le bras ou le crochet... "

    On imagine si bien la scène...

    Je comprends donc que tu sois "repartie avec des abeilles plein les yeux" de cet univers fabuleux du Puy...

    On aimerait avoir le temps et la patience de pratiquer... commencer demain "sur le carreau"... même si cet art est déjà si loin de nous... près d'un siècle... Un jour, peut-être cet artisanat devenu art renaîtra, qui sait... demeuré jusqu'à ce jour dans toute sa noblesse et sa merveilleuse modestie...

    C'est nous qui te remercions, Mathilde, pour la richesse de ton reportage : informations si riches et photos d'oeuvres superbes mêlées...

    Une très belle soirée à toi !!!

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  18. Oh non, tu ne nous lasses pas ! Au contraire, j'aimerais en voir encore et encore... Superbe travail, absolument merveilleux ! La dentelle ne meurt pas, heureusement, je connais des femmes qui s'y intéressent et apprennent ce savoir-faire ancestral.
    Merci de partager avec nous !

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  19. superbe article qui me rappelle que j'ai quelque part un carreau de dentellière pour fillette ... tiens, mais où est-il donc ????
    bonne soirée,
    Noémie

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  20. Particpez à notre couvige le 19 septembre 2010. Inscription avant le 30 août 2010.
    Notre site: www.lesdentellieresdelaluzege.com

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  21. Qu'elle audace un commentaire, sans dentelle ( de mots) pour une poétesse.
    Native du Puy au hasard d'une mutation parentale, j'ai passé 10 étés émerveillée par la dextérité magique des dentellières, tout paraissait facile...leurs doigts si agiles, telles des magiciennes elles faisaient naître fleurs et volutes.
    Merci pour cette évocation qui n'oublie pas l'envers du décor qui m'échappait alors.
    C'est grâce à l'Artis..Anne que je vous découvre ce soir. Merci

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