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lundi 2 janvier 2017

À vous mes souhaits ...

Bonne Année ... Bonne Année 
chantaient des petits enfants 
chaudement vêtus dans des paysage enneigés ... pailletés ... 
paysages des cartes de voeux d' autrefois ..!!


C' est exactement ce que j' ai ressenti hier matin  ...


 jour de l' an 2017 ...


en découvrant les cadeaux ...


qu' en silence il nous avait préparés ...


même en rêve je ne pouvais espérer de telles merveilles ...:-)


Revenue au chaud , 
une carte d' un autre temps
retrouvée par hasard
se glissait entre mes doigts .
C' était en l' an 1922
celle qu' un grand frère
soldat en Allemagne
écrivait à sa jeune soeur





 employée de maison
dans une ferme du Cantal ;
 il la savait malheureuse 
et espérait pour elle 
des jours meilleurs ...






Qui sait où se seront envolés mes voeux de 2017 pour vous dans 95 ans ..?

Comme on dit dans le pays de ces deux cantalous :
" À l' an que ven !
Se sian pas maï , que sigen pas men ! "
À l' an qui vient !
Si nous ne sommes pas plus , que nous ne soyons pas moins !

C' est ce que je nous souhaite de tout coeur ...:-)
 À bientôt


mercredi 11 mai 2016

À Toi ...juste pour pas qu' t' oublies ..!!



Tu t' souviens ... ?
Nous deux assis sur un banc
dans le square de l' église ,
tickets au coeur ,
comme on préparait un voyage extraordinaire ?

Tu t' souviens ...?
de ce petit matin frileux de Mai ,
dans ton costume gris foncé ,
chemise blanche à manchettes et boutons dorés ,
comme tu serrais tes gants en chevreau cousus main ;
il fallait bien occuper les tiennes .. !


Tu t' souviens... ?
comme ce jour là , j' avais même pas mal
dans mes chaussures aux bouts pointus
que plus jamais mes pieds n' ont pu souffrir ... !

Tu t' souviens ... ?
Je ne ressemblerai pas à ma mère je te disais .
Je ne serai pas comme mon père tu me répondais .
C' est fou comme comme on s' regardait ... !


Tu t' souviens ... ?
Majorque tu voulais m' offrir
et moi , déjà contrariante ,
La Meige et le Vénéon j' avais préférés

Tu t' souviens ...?
Je crois que oui ... même si 
tu n' as jamais eu la mémoire des dates
que tu dis ...!


Ce matin , 
je ressemble un peu à ma mère et toi , parfois on dirait  ton père... !
Dans notre campagne,  pétales de cerisiers et de pommiers s' envolent au fil du vent comme nos souvenirs se tissent au fil du temps . Je cherche comment te dire ...


" J' ai trouvé .. le nom le plus secret et le plus clair pour dire ce qu' est ta vie dans ma vie : L' AIR ...Tu es l' air qui ne me fait jamais défaut , cet air si nécessaire à la pensée et au rire , cet air qui rafraîchit mon coeur ..." 
C' est Ch . Bobin qui m' a  soufflé les mots que je fais miens , juste pour que tu saches ce que tu es pour moi ... 
Tu m' comprends .. ? Ce petit air si simple  ? c' est ce que tu penses , je le sais ... Mine de rien , c' est grâce à lui que nous sommes arrivés jusque là ...
Tu t' souviens ... ?
C' était un jeudi comme aujourd' hui ...



Il y a 50 ans on se disait  OUI

                                                   Moi


vendredi 5 février 2016

À toi ...


 Rentrée bien seule hier soir ,
mal à dormir ... déserté le grand lit ...
Le jour se lève 
deux dosettes ... deux bols ... trois sucres dans le tien 
mais où ai-je la tête ?
Ton alliance à mon doigt
Ta chaine autour de mon cou
Ton iPhone enfin apprivoisé dans Ta poche ...
Ce matin c' est Ta polaire qui me tient chaud .
Juste pour quelques jours ,
en attendant que tu reviennes ,
je suis devenue Toi ... enfin presque   !! :-)

                                                   Mathilde


samedi 31 octobre 2015

L' autre royaume




Que de l' autre royaume nous revienne
Ce que nous croyions perdu Que reviennent
Ceux qui en s' éloignant n' avaient rien dit ;
Que leurs cris muets soient notre pain quotidien .
Que revienne entière l' âpre déchirure
Morsure et remords sont d' un seul tenant
Douleur et douceur se tiennent l' une par l' autre  ...

                                   François Cheng 
                                                                          - A l' orient de tout -


vendredi 8 mai 2015

À Colombey-Les-Deux-Églises .


La croix de Lorraine à l' honneur aujourd' hui
nous tendait les bras du dos de la colline ...


Partout la campagne environnante
respirait la paix de ce jour ...


Colombey émergeait doucement de la brume matinale ...


Au pied de l' église , dans le petit cimetière 
" un chemin des gratitudes " nous menait vers sa tombe ...


Quelle impression étrange dans l' église où , tant de fois , 
en simple fidèle il assistait à la messe au milieu des gens du village :
" Leurs familles , je les connais , je les estime , je les aime ..."
                                       Charles de Gaulle


Il retournait alors à " La Boisserie "
si bien cachée au milieu des arbres ...




En entrant , sur la gauche , la salle à manger .
Tout est petit , chaleureux , cosy ...


" J' ai porté beaucoup de croix depuis 1940 , mais aucune plus lourde que
la croix de Lorraine " disait-il souvent ...


C' est dans cette tourelle d' angle qu' il y avait son bureau ...


 Un bureau bibliothèque qui est un vrai petit bijou ...
d' où la vue sur la campagne l' ont aidé à tisser notre histoire ...!


" Le silence emplit ma maison . C' est ma demeure .
Dans le tumulte des hommes et des évènements la solitude était ma tentation ,
elle est devenue mon amie ..."
                              Ch. de Gaulle

***

Il y aura certainement beaucoup de monde cette semaine
dans le petit cimetière de Colombey ,
où chacun remerciera ce grand homme à sa façon ...



Puisse-t-il avoir été entendu ...?


mardi 20 janvier 2015

Grâce à Elsa ...?

La nuit est bien avancée quand je termine son  petit livre ...


C'est l' été  , une dizaine d' hommes et une femme 
 vers la fin de leur vie sont réunis .
Ils sont complices d' une jeunesse commune .
Les lumières sont absentes seule la lune et les étoiles éclairent cette fin de diner ,
cachant ainsi les ravages du temps ...!
On saura d' eux ce que nous en dira Elsa ...
La nuit se peuple d' ombres ... ce qui fut se mêle à ce qui est ...!
Se souvenir ... oublier ... rêver ...
Elle se dévoile ... elle se cache ... elle voyage dans le temps ,
avec au coeur le chant d'un rossignol ...
Avec elle , je me suis endormie , redécouvrant des souvenirs oubliés ...





Un autre " rossignol " 
tout là-haut perché 
dans mon grenier
me chantait alors un air de jeunesse .
La vieille loco glissait doucement sur les rails du temps ...


Les rêves d' Elsa étaient devenus un peu les miens ...!


" Je suis dans un train . 
Ça m' aurait étonnée qu' une nuit dans un train ne fut pas une Nuit .
Tous mes rêves se passent dans la nuit , sont des Nuits .  (...)
Le quai est mal éclairé , passent des kiosques roulants , sandwiches et journaux ,


"  de l' autre côté du quai , un train encore essoufflé d' avoir couru ,
dégorge ses passagers 
dans cette sorte de brouillard jaune des réverbères  ( ...)  
Le wagon restaurant est au diable .
Je me cogne aux cloisons , épaule gauche contre épaule droite ,
les couloirs sont combles ,
les gens nous laissent passer comme à regret , occupés d' eux-mêmes,
ils papotent , ils fument  ...


" je trébuche sur des valises , les accordéons entre les wagons ,
les plaques métalliques sous les pieds, mal jointes frottent l' une contre l' autre ,
 j' ai les gants rayés par la suie des rampes ,
les lourdes portes résistent , me reviennent dessus . (...) 


Au retour , les couloirs sont déjà vides , les voyageurs installés .
Je décroche un store qui s' envole en s' enroulant , 
mais la nuit noire fait de la vitre un miroir ( ... )


" le wagon roule , cogne , 
on passe sur un immense réseau de rails , 
la locomotive choisit son chemin , crie , me transperce  (...)


" J' appuyai mon front contre la vitre froide , le train ralentissait , allait s' arrêter.
Un homme de la SNCF longea le couloir vide ,
balançant une lanterne , pressé , nocturne , sans nous jeter un regard .
 Le train reprit sa course , 
se remit à piquer le paysage comme une machine à coudre ,
laissant derrière lui des kilomètres d' étoffe bleu-noir  . ( ...)

Vient l' aube .
La rossignol se tait , et cette nuit  qui contenait toutes les autres se meurt 
défaite par la clarté du jour ... "

                                                                   Elsa Triolet 
                                                     - Le rossignol se tait à l' aube -1970-

***

Comme elle , je me suis réveillée , 
heureuse d' avoir entendu le chant de notre " rossignol  " tout là-haut perché ... 
si amoureusement fabriqué ... il y a bien longtemps ... :-)
À regret j' ai rangé mon escabeau ... 
même la neige  est tombée en poussière ... !!


jeudi 24 juillet 2014

J' ai lié ma botte ..!



      


Dans les grandes plaines de Beauce
les vieux moulins demeurent
les témoins du passé .
On n' a plus besoin d' eux ,
sauf pour faire joli dans le paysage ...






Dès le matin les monstres de " moiss-batt " ronronnent et jusque tard dans la nuit elles battent leur plein ;
les blés sont mûrs ...:-)


Loin de là , il n' y a pas si long temps ,
dans son petit lopin de terre , sous le regard du vieux poirier 
le cliquetis de sa première faucheuse l' enchante !
Elle ... allait avoir du travail .
Chapeau de paille sur la tête , le panier du goûter à la main 
moi,  je la suivais avec le mien .
En s' avançant , son regard toisait la tâche à accomplir .
Elle embrassait alors un petit tas de blé coupé ,
tirait dix brins de paille , tassait la botte avec son genoux 
et la liait d' un geste précis et rude  ... elle ne se délierait pas ...!


Je vous parle d' un temps que les moins de ...? ne peuvent pas connaître ...!
C' est en pensant à eux que j' ai ramassé quelques brins de
" blé tendre et barbu "...


je les ai assemblé à ma manière ,


pour faire une belle boule de blés d' or ,
que j' ai posée sur mon buffet .
Couché ou debout ...?


Le soir du retour d' il y a longtemps ,
j' étais rentrée avec trois poires dans mon panier
 à la bouche une paille à mâchonner et
dans la tête plein de souvenirs engrangés ... la preuve ..! :-)

                                                 À tous je souhaite un bel été

mardi 10 juin 2014

Sur les chemins de Franz Stock ...

Depuis le D-Day - 6 Juin 1944 -
un peu partout en France les cérémonies se succèdent 
pour ne pas oublier les sacrifices de tant d' hommes et de femmes 
et fêter ensemble les 70 ans de la libération de l' occupant ...





À ma façon j' ai voulu me souvenir 
en découvrant un livre magnifique ,
la biographie d' un homme , un allemand ,
" symbole de l' ultime espérance d' une humanité 
capable d' aimer par-dessus les frontières ..."





" Grand , blond , mince , racé , il évoquait par son allure et son visage ,
les anges sculptés des vieilles cathédrales gothiques allemandes "
disait de lui J. Folliet un ami fidèle .

Il adorait la France et c' est en 1928 que jeune séminariste 
 il fut accepté à la " Catho " pour continuer ses études ...
Etudiant moyen , il préférait la musique autant que ses vacances en Bretagne  .
Ces séjours  à Pont Aven lui donnèrent le goût de la peinture .


Il fut ordonné prêtre en 1932 en la cathédrale de Paderborn en Allemagne .
En 1934 , jeune vicaire , il est nommé recteur de la paroisse allemande à Paris .

En Octobre 1940 , Paris n' est plus le Paris qu' il a aimé ;
le drapeau à croix gammée flotte sur l' arc de triomphe ...
Sa paroisse  a changé de visage ,
les militaires de tous grades ont remplacé les civils .
Sans trop savoir comment il devint aussi l' aumônier des prisons parisiennes .
Il conduisit 4500 prisonniers au poteau d' exécution ...!
Toute cette souffrance a été à jamais imprimée dans son regard .

                                                                   Photo de Robert Capa

Après la libération de Paris en Aout 1944
Franz comprend qu' il doit être utile ailleurs  et en Septembre 1944
 dans Cherbourg désorganisé , il se constitue prisonnier volontaire :

" Je suis encore prêt à aider ceux qui sont misérables et nécessiteux .
C' est pour cela que j' ai accepté volontairement la captivité
pour rendre service et travailler à la réalisation de la charité parmi les hommes . "


En Mars 1945 ,
il prend la direction d' un séminaire de fortune situé tout près de Chartres ...
" Le séminaire des barbelés "
composé de prisonniers séminaristes allemands .





Deux grands poêles
réchauffaient bien mal ce dépôt glacial
 qu' ils appelaient
" leur palais des glaces "


" Leur séminaire est un champ de blé au bord d' une route de Beauce "
dira le Lt-colonel Gourut




Derrière le dortoir-réfectoire fut érigée une chapelle .
Franz Stock en réalisa les fresques aujourd' hui restaurées et classées .







Sur les murs
 les prisonniers avaient dessiné
leur chemin de croix ...






Monseigneur Roncalli futur pape Jean XXIII
disait lors d' une de ses visites :
" Ce séminaire vraiment exceptionnel fait honneur
à la France et à l' Allemagne ,
destiné qu' il est à être un signe précurseur de la bonne entente et de l' amitié
entre les deux peuples ."

Le séminaire fonctionna jusqu' en Juin 1947 .
Franz regagne alors Paris , il est très fatigué , malade du coeur ,
 il meurt en février 1948 ...


Il fut enterré et oublié au Mont Valérien  .




En 1963 , un comité d' anciens séminaristes  " Les amis de Franz Stock "
réussit à ramener sa dépouille à Chartres .
Il repose ici ,
en l' église St Jean Baptiste de Rechèvres
tout près de son séminaire...


" Franz Stock ce n' est pas un nom mais un programme "
dira à ses obsèques Saint Jean XXIII
Aujourd' hui , à Rome son  procès en béatification  est en bonne voie ...!

C'est tellement plus beau  quand l' Amour est plus fort que la haine ...  :-)