lundi 4 février 2013

Le problème...











Aujourd' hui ,
on aurait dit qu' on serait hier ,
il y a très très longtemps...

Le beffroi de la ville 
" garde la paix "...




du haut de la tour ,
le son de la cloche habille l' heure d' un petit matin ordinaire...










À ce moment ,
par la toute petite porte ,
tout en haut ,
en dessous de la fenêtre ,
sort le guetteur
qui a pour charge
 la surveillance de sa ville...








Il scrute la grande rue qui se déroule à ses pieds...




passe devant le grand café...

Du côté de l' ombre  ,
une jeune femme rase le mur ;
elle marche vite ,
elle a entre ses bras
un paquet qui pèse ,
un paquet qui la harcèle :

" je ne suis pas un enfant ,
je suis un problème "..!

Un problème dont le poids est aussi lourd
 que la chance qu' elle veut lui donner...




Elle arrive devant la chapelle de l' hôtel Dieu ;
là , dans le pilier la porte en fer noir attend...







Elle approche ...
 la boite...
ouvrir la porte ...
le déposer...
fermer la porte
et tirer la cloche... :-((

Un cylindre garni de paille
monté sur pivot a reçu le précieux fardeau...

Alors elle s' enfuit , malade d' amour et de chagrin...




Dans la cour , prévenue par la cloche ,
une religieuse tourne le pivot
et récupère l' enfant...


Mais après , quel destin..?
En hommage à sa mère , qui a vécu une histoire semblable
Den m' a raconté :

" En décembre 1921 est née " Camille P. "
de mère inconnue...Enfant de l'assistance publique , on disait .
Comme marquée au fer rouge...
Camille P. est le prénom et le nom qui lui ont été attribués .
Sans référence aucune .
Sans lignage. Une parenté de forme , d' apparence , sans lien de sang.
Camille , un prénom démodé quand je suis enfant (...)
Maman n' a pas souffert de ne pas connaître les siens...
Ses proches auraient aimé savoir...Ils ont essayé...sans résultat probant...
Aucune trace de cet avant...


sauf une  trace de la première ligne :
 Maman vient de naître à la vie . Seule au monde .
Madame A . s' occupera de Camille jusqu' à ses trois ans et demi...(...)
Il fait chaud , elle est bien Camille ,
 calée contre le sein rassurant de celle
qui lui donne la vie , pleine d' un bien-être infini..."

Ce jour là , le paquet n' était plus un problème ,
il était redevenu un enfant...:-))..




Si Camille n' a pas eu
un destin de reine , comme les princes et princesses de la chapelle royale
qui domine la ville ,

Den nous dit encore :

" derrière la vitre , elle a occulté son histoire , se construisant seule...
 Dans tous les cas , elle l' a eue , maman , sa chance de survie , grâce , et je dis bien
 grâce
à cet acte  d' abandon...
non pas à cause de celui-ci , légitime ou pas ,

mais ...oh ! combien robuste Camille...

Elle aura 92 ans à la fin de l' année...! "

Aujourd' hui , Camille  est reine en son royaume, 
un royaume plein de rires d' enfants et d' amour partagé...

Une bien belle leçon de vie...:-))

De tous nos coeurs admiratifs , on vous embrasse Camille...


***

* Je remercie Den de m' avoir permis de raconter  ce témoignage hors du commun...
 Son royaume est plein de charme un clic  sur Den et vous  passerez un moment délicieux...:-))
* Les photos ont été prises à Dreux en Eure et Loir ...
La ville aujourd' hui est aussi belle le jour que la nuit...!!
* Le tableau de la religieuse est au musée de Dreux...je n'en connais pas l' auteur..?
Celui des deux petites filles et de leur maman est de A. F Bonnet , un peintre connu du petit village de Charpont ...ces toiles sont exposées dans l' ancienne école  aujourd' hui transformée en musée .

À  tout bientôt


24 commentaires:

  1. Comme je suis émue à la lecture de cette histoire ... Parce que tu la racontes comme personne d'autre, avec ta voix, ta façon, tes photos superbes ou illustrations, cette simplicité vivante, et élégante qui te caractérise, chère historienne de vie ensuite parce que tu rends hommage à Den, dont la personnalité et l'univers me touchent beaucoup aussi ... Comme tu as raison de faire découvrir ses choix, ses mots, ses goûts, ses mémoires, ses hommages de vie et de mère ...

    Je vous embrasse tendrement toutes les deux !

    RépondreSupprimer
  2. Merci chère Mathilde pour ta composition poétique en fil de lin.. merci de savoir si bien raconter les histoires et parvenir ainsi jusqu'à moi à travers l'hommage rendu à ma maman. Tes mots douillets, tes photos font le chaud au coeur et réconfortent l'hiver frileux, nouant des liens sur l'immense toile... permettent d'autres rencontres sur d'autres chemins.
    Merci aussi à Veronica que j'aime beaucoup. Elle le sait.
    Je vous embrasse toutes les deux très très fort.

    RépondreSupprimer
  3. merci de ce reportage magnifique en images et en texte hautement poétique et qui raconte bien

    merci de tes billets je t'embraésse

    RépondreSupprimer
  4. Que dire de plus sur cette "histoire" émouvante, sur ces photos de Dreux que j'aime... Encore une fois tu nous touches avec tes mots que tu détricotes avec la dextérité de la dame qui parle avec son cœur...
    Merci Mathilde et gros Bisous.

    RépondreSupprimer
  5. Merci Mathilde de ce partage trés émouvant,tu nous raconte cette histoire avec tellement d'amour et de douceur ... je suis émue et quel hommageà Den..
    Bisous et douce journée .
    HUM! que c'est joli..

    RépondreSupprimer
  6. Moment d'émotion ou mettre un commentaire est difficile. Camille n'a pas été abandonnée mais donnée pour la vie, comme le disait si joliment Françoise Dolto. Il s'agit bien d'un don et l'amour des siens est la preuve du bel usage que Camille a pu faire de ce cadeau !
    "De tous nos coeurs admiratifs", nous t'embrassons Camille ! Merci Mathilde "historienne de Vie", comme dit si joliment plus haut !

    Je croise Den régulièrement chez toi et chez Véronica. J'irai la voir chez elle quand j'aurai tout mon temps pour une visite attentive et amicale :-)

    RépondreSupprimer
  7. Merci Fifi pour ton message ... "Camille n'a pas été abandonnée, mais donnée pour la vie, comme le disait Françoise Dolto.
    Il s'agit bien d'un don et l'amour des siens est la preuve du bel usage que Camille a pu faire de ce cadeau !"
    Au plaisir d'une rencontre amicale sur les allées de nos mots.
    Je t'embrasse.
    Den

    PS : Merci Mathilde pour la berceuse lullaby de Chopin qui habille si bien ton billet !

    RépondreSupprimer
  8. émouvant au possible et si bien écrit par toi . douce journée !! bises

    RépondreSupprimer
  9. Ma chère Mathilde, tes mots me touchent le coeur et je suis très émue en les lisant et en rendant ce bel hommage à Den. Tu racontes avec tant de douceur et de sensibilité ce vécu. Merci de tes mots à fleur de peau.
    Merci Mathilde avec mes bisous.

    RépondreSupprimer
  10. Je reste sans voix... C'est trop beau et tellement émouvant !!!
    Mathilde tu as l'art et la manière de raconter les histoires ! Merci !
    Si je traverse la ville de Dreux un jour je penserais à votre histoire, Den et Mathilde...
    Bonne soirée !

    RépondreSupprimer
  11. Frisson et charme; tristesse et tendresse,. Mais cette histoire malgré tout est une belle histoire d'un être qui a pu transmettre son amour grâce à ce tour d'abandon.

    Et aujourd'hui, dans la Dépêche du Midi, a été signalé, à Cajarc : "Un nouveau-né a été découvert la nuit dernière devant un centre d'hébergement de Cajarc. C'est un vigile qui a trouvé le nourrisson vers 2 heures du matin..."

    RépondreSupprimer
  12. Le peintre de la toile s'appelle Frédéric, Henri Schopin, tu trouveras les détails ici : http://webmuseo.com/ws/musees-regioncentre/app/collection/record/8069
    C'est terrible de voir la maman tourner la tête en déposant son bébé, mais quand on connait l'histoire de Camille, on se dit que la vie trouve des chemins inattendus et finalement heureux pour se déployer. Merci de cet émouvant récit, Mathilde

    RépondreSupprimer
  13. Grand-mère Camille a touché mon coeur ...
    Quelle émotion au fil de tes mots, et quelle belle leçon de Vie.
    Gros bisous chère Mathilde.
    Marie-Ange

    RépondreSupprimer
  14. Lire cette belle et émouvante histoire avec en toile de fond cette musique a été Mathilde, un grand moment. Quand l'amour et le partage sont présents dans notre vie,celle-ci n'est que lumière. Bises, merci. brigitte

    RépondreSupprimer
  15. Je suis venue plusieurs fois lire cette histoire émouvante et m'imprégner des photos, et de tes mots si justement et délicatement choisis chère Mathilde.Tu écris si bien parce que cela vient du coeur.
    Grosses bises.

    RépondreSupprimer
  16. Très émue par tous vos messages d'amitié, Camille vous remercie du fond du coeur, et vous embrasse.

    RépondreSupprimer
  17. Quelle touchante histoire, et si bien racontée et illustrée. Un jolie moment passé à sa lecture, merci !

    RépondreSupprimer
  18. Ta manière de raconter cette histoire est extremement touchante, on en reste sans voix.
    Merci Mathilde.
    Je vais voir si je trouve l'auteur de ton tableau sur la base Joconde.
    Bisous

    RépondreSupprimer
  19. C'est encore moi, ton talbeau s'appelle :
    "Religieuse recueillant un enfant abandonné". Il date de 1854. L'artiste est Frédéric Henri SCHOPIN.
    Je mets ici le lien vers la notice :
    http://webmuseo.com/ws/musees-regioncentre/app/collection/record/8069

    Bisous sous la neige !

    RépondreSupprimer
  20. Si tu savais Mathilde comme cette histoire que tu racontes si bien m'interpelle ...
    mon père, mon bien-aimé père avait été déposé à la porte de l'église à Saumur.... (je ne peux pas en parler car l'émotion m'étouffe..)
    donc un grand merci pour ton magnifique billet..
    ... et puis excuse-moi de ne pas t'avoir répondu à tes coms mais ils étaient dans mes spams et je m'en suis aperçue hier ...
    J'ai aimé bien sûr tes messages
    Belle journée, Mathilde ...
    Solène

    RépondreSupprimer
  21. Il ne manque plus à cet herbier cueilli de vos 4 mains, que le sourire de la Dame.
    Je l'espère et le devine heureux.

    Mathilde... Camille...
    Prénoms d'hier que toutes deux conjuguez au présent
    et offrez
    avec tant de bel élan, de talent et de goût heureux.
    Merci à elles, merci à vous.
    Mathilde, Den, je vous embrasse de tout coeur.
    Lydaine.

    RépondreSupprimer
  22. Je n'avais pas lu ce billet.

    Mon arrière grand-mère (Eugénie Ursule) a été trouvée (présumée âgée de deux jours) le 7 novembre 1857 dans le tour du dépôt central des enfants trouvés de Chartres.
    Sur l'acte il y a la description complète de tout ce qui revêtait la petite fille (c'est poignant) et cette phrase :

    "trouvé sur l'enfant une lettre non cachetée adressée à Monsieur le Chapelain de Saint-Brice"...

    J'aimerais tellement retrouver cette lettre. J'ai écrit aux archives diocésaines mais je n'ai jamais eu de réponse.

    D'après son acte de mariage, il me semble comprendre qu'Eugénie Ursule ait été élevée par des religieuses chez lesquelles elle a appris la couture et la broderie.

    Un autre point commun entre nous...

    Tendres bises

    Marie

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Marie pour ton attention ..comme j' aimerais pour toi que tu retrouves cette lettre ...! Ce moment d' abandon doit être si terrible à vivre ...ce n' est pas possible autrement ... L' amour d' une mère , même si c' est triste , c' est aussi ça...
      Plein de bisous Marie

      Supprimer